Halte aux polémiques injustifiées !

Halte aux polémiques injustifiées !

Halte aux polémiques injustifiées !

A la lecture du communiqué de presse commun de la fédération nationale des Orthophonistes et du ministère de l’Education nationale publié ce 14 mars 2022, les parents de la PEEP sont choqués et perplexes.

Le communiqué décrit pour commencer l’avènement d’une démarche de coordination facilitée par la création d’un outil. Non-soumis au secret médical, il pourra ainsi aisément circuler entre orthophonistes, familles et équipe éducative. Il sera utile à la planification d’adaptations pédagogiques et d’aménagements nécessaires aussi bien à la scolarité qu’à la passation des examens des élèves concerné(e)s.

Cette volonté de simplification nous semble tout à fait pertinente et bienvenue.

En revanche, la PEEP ne peut que rester abasourdie par l’emploi d’une formulation caricaturale inutilement polémique de ce communiqué, qui ordonne dès son intitulé une « Halte aux demandes injustifiées de bilan orthophonique dans le cadre des aménagements scolaires ». Cette injonction nous semble aux antipodes avec la réalité de terrain vécue par les familles d’enfants porteurs de troubles de l’apprentissage.

La réalité, pour nous, parents, c’est :

- l’absence pour tous les jeunes enfants de dépistage ou de mise en lumière des signes prédictifs d'un trouble du langage par les services de la PMI,

- la carence de médecine scolaire qui ne permet plus d’informer, d'orienter les parents, de suivre l 'évolution du bilan, de la rééducation et de se mettre à disposition des professeurs pour leur expliquer les finalités des aménagements pédagogiques préconisés,

- l'absence d'accompagnement des parents qui se retrouvent seuls, ne comprennent pas tous les enjeux d'une rééducation orthophonique et doivent se rendre disponibles, quand l'employeur le permet, pour venir chercher leur enfant et l’accompagner en rééducation,

- La prescription d’un bilan orthophonique par un(e) professionnel(le) de santé, pas une demande impulsive ou irraisonnée des familles,

- enfin, l’attente jusqu’à 18 mois dans certains départements pour obtenir un rendez-vous pour un bilan orthophonique.

…On est loin d’une demande de confort en vue des examens !

Ne peut-on mettre en place une démarche de simplification parfaitement louable sans jeter l’opprobre sur les familles et les professionnel(le)s de la santé scolaire !?
Les premières suivent déjà un véritable parcours du combattant pour que soient prises en compte les difficultés de leur enfant. Les seconds, de plus en plus rares, ont le mérite d’être encore auprès de nos jeunes mais voient ainsi leur pratique désavouée par leur propre ministère.
Cette culpabilisation absurde serait-elle un écran de fumée pour masquer une réalité peu reluisante ?