Réforme du collège : la PEEP n’est pas convaincue

Le 14 avril 2015

 

Réforme du collège : la PEEP n’est pas convaincue

 

Depuis 35 ans, les rapports et les propositions pour réformer le collège unique se sont accumulés sans que rien ne change au sein des établissements scolaires, bien au contraire. Des élèves s’y ennuient alors que d’autres perdent toute motivation, conscients de leurs difficultés. Tout cela dans un climat scolaire loin d’être serein.

La réforme du collège était attendue par les parents qui depuis de nombreuses années observent ce collège qui ne parvient pas à aider les élèves les plus en difficulté.

Si l’apprentissage d’une seconde langue dès la classe de cinquième est une évolution logique dans un environnement plus ouvert sur le monde, cette évolution n'est pas suffisante pour garantir une meilleure maîtrise de la langue à la fin de la scolarité, et dépend fortement du travail fait en amont, au primaire. La PEEP regrette la suppression des sections européennes qui permettaient l’acquisition d’un bon niveau en langue, au profit d’un enseignement pratique interdisciplinaire pour tous. Il semble important qu’une réflexion de fond soit menée sur l’enseignement des langues vivantes en France.

La PEEP accueille favorablement l’introduction d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) qui pourraient donner du sens aux apprentissages les rendant plus concrets. Ces enseignements interdisciplinaires devraient modifier la manière d’aborder des sujets et faire travailler de manière collective les élèves. Ils nous rappellent cependant les « itinéraires de découverte » qui ont beaucoup perdu de leurs objectifs au fil des années. Comment ces enseignements seront-ils coordonnés au sein des établissements ? Comment seront-ils évalués ? Nombre de questions reste sans réponse.

Quant aux langues anciennes qui sont enseignées aux élèves de cinquième de manière optionnelle, la PEEP souhaite rappeler qu’au-delà de tous les clichés, des élèves de tous les niveaux suivent cet enseignement. Ces disciplines s’avèrent d’ailleurs structurantes pour beaucoup de jeunes. Si la PEEP accueille favorablement leur pseudo-maintien au sein des collèges, elle reste néanmoins réservée quant à la baisse du volume horaire de cet enseignement. Il sera d’ailleurs nécessaire d’évaluer l’impact de cette diminution sur les acquis des élèves.

La PEEP n’est pas convaincue par cette réforme qui semble uniformiser encore plus l’enseignement au collège que le personnaliser. Elle sera attentive à la mise en œuvre de la réforme et appelle tous ses responsables à participer aux discussions au sein des établissements.