La PEEP et les rythmes scolaires : 1930-2013

En 1930, déjà, la PEEP dénonce les méfaits de rythmes scolaires mal adaptés aux besoins des jeunes dans sa revue d’octobre-novembre, qui titre « le surmenage des élèves ».

 

1956, la fédération présente les résultats d’une enquête menée auprès de l’ensemble de ses associations. Il convient pour son équipe dirigeante d’alors « d’analyser de près la composition de la journée scolaire afin de mieux l’équilibrer ».

Les résultats de cette enquête mènent à préconiser, entre autres,  un raccourcissement des vacances d’été, un allègement des devoirs, la libération du jeudi et une harmonisation de la durée des vacances de Noël et de Pâques.

 

1959, elle demande que ces préconisations soient appliquées et insiste sur l’équilibre des durées de travail entre chaque période de vacances.

 

1960, la PEEP recommande à nouveau «  un plan d’organisation rationnel » : «  placer en matinée les disciplines intellectuelles pour consacrer les après-midi au plein-air, aux arts et travaux pratiques ». Elle demande, par ailleurs, outre l’instauration d’études dirigées et de la demi-pension, la libération du jeudi, toujours, et celle du samedi après-midi.

 

1973, au congrès de la PEEP à Evian, le Docteur Antoine Lagarde présente le rapport de la commission ‘vie scolaire’ PEEP, dont le sujet est la réorganisation des rythmes scolaires, sujet repris dans la motion d’orientation de la fédération.

 

1974, les rythmes scolaires et biologiques de l’enfant sont au cœur des préoccupations du congrès de la PEEP, qui fait d’Antoine Lagarde son président.

 

1975, le président Lagarde expose sa théorie sur la nécessaire réforme des rythmes scolaires au président de la république Giscard d’Estaing.

 

1976, le Dr Lagarde, toujours président national de la PEEP, commente la réforme du système éducatif mise en branle par René Haby (qui instaure le collège unique) et souligne qu’elle ne pourra être approuvée par la PEEP «  que dans la mesure où elle sera complétée par la réforme des rythmes scolaires et celle du recrutement et de la formation des enseignants ». Il est reçu une nouvelle fois à l’Elysée en décembre.

 

1977, une conférence de presse précise les propositions de la fédération et les rythmes scolaires sont encore une fois au cœur des exposés du congrès de la PEEP, à Tours, avec l’intervention du Docteur Plat, biologiste, chef du département de la recherche biomédicale à l’Institut national de Recherche Pédagogique.

Organisation, en outre, de 3 tables rondes pour débattre librement des rythmes scolaires et des améliorations susceptibles d’être décidées.

 

1978, la PEEP lance une grande enquête nationale qui traite, entre autres sujets, de la position des parents face aux vacances scolaires et aux vacances d’été en particulier.

Le Dr Lagarde multiplie les rencontres avec le Ministre de l’Education et celui de la Jeunesse et des Sports. Un rapport sur les rythmes scolaires est demandé au Conseil économique et social, et le Président de la République reçoit le  Dr Lagarde qui insiste à nouveau sur « l’urgence de réorganiser les rythmes scolaires dans l’intérêt prioritaire des élèves ».

 

1979, la PEEP publie « RYTHMES SCOLAIRES, propositions pour une réorganisation des rythmes de l’écolier, du collégien, du lycéen français », une synthèse de réflexions, d’enquêtes et d’études menées pendant plus de 6 ans par une équipe de la fédération.

 

1980, un encart de 7 pages consacrées aux rythmes scolaires est publié dans le PEEP-Info n°77 et des activités sont suggérées aux APE, qui peuvent « jouer un rôle essentiel dans la sensibilisation des parents ».

 

1984, le discours inaugural du Président Jean-Marie Schléret, lors du Congrès de la PEEP à Versailles, se consacre à cette question et la motion finale adoptée par le congrès rappelle l’importance que la fédération attache «  à la prise en compte d’un nouvel équilibre de la charge scolaire ».

Une grande enquête est lancée.

 

1985, première et seule organisation à présenter une solution globale pour aborder le problème,  la PEEP  remet un recueil de ses propositions «  RYTHMES SCOLAIRES, 52 propositions pour sortir de l’immobilisme » au Premier ministre, au Ministre de l’Education nationale, au Ministre de la jeunesse et des Sports et à la Ministre des Affaires sociales. Ces propositions, adaptées aux paramètres de l’époque qui ont bien entendu évolué, offrent alors une approche scolaire et périscolaire, de la maternelle au lycée.

Une table ronde au Congrès de Nice est dédiée à la question des rythmes.

Un consensus apparaît autour d’un projet de calendrier 1986-1987, qui marque une première avancée dans le sens de ce que  souhaitait la PEEP : vacances d’été plus courtes, meilleure répartition des périodes de vacances et de classe.

 

1986, Le congrès du Cap d’Agde consacre deux ateliers de travail aux rythmes. A la fin de l’année, sans la moindre concertation préalable, le ministre Monory revient au calendrier précédent.

 

1987, Confirmation d’un retour en arrière avec le calendrier établi pour l’année 1988-1989, contre l’avis quasi-unanime des principaux syndicats d’enseignants et des fédérations de parents d’élèves : les trimestres sont à nouveau déséquilibrés, les vacances d’été rallongées.

Un groupe de travail «  Rythmes de vie de l’enfant et de l’adolescent »est crée au sein de la fédération dont la mission de réflexion, et d’approfondissement après la publication des « 52 propositions », porte d’une part sur « les trois P : Parascolaire, Périscolaire, Postscolaire » et d’autre part sur les rythmes scolaires

 

La PEEP, sous la présidence de Jacques Hui, s’engage sans réserve dans l’opération «  CONTRATS BLEUS » lancée par le Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports.

Cette opération, qui vise à aménager les rythmes extra-scolaires en liaison avec les collectivités locales et les associations, constitue aux yeux de la PEEP « une occasion de solliciter, à terme la mise en œuvre d’une véritable réforme des rythmes scolaires » car elle y voit « la première décision concrète vers de nouveaux rythmes de vie pour les jeunes ».

 

1988, la circulaire « Jospin-Bambuck » a pour objet la modification des rythmes de vie de l’enfant en primaire. Elle complète entre autres l’opération des « contrats bleus ».

Comme aujourd’hui, la PEEP approuve le texte dans ses grandes lignes mais demeure vigilante quant au suivi des aménagements nécessaires : «  il faudra contrôler de très près les activités proposées[...] et faire en sorte que l’engagement concerté des partenaires locaux soit réel.[...] il serait souhaitable , pour une bonne mise en place de cette circulaire, de revoir les temps et les modes de transport, les problèmes de sécurité des enfants, de respecter l’aménagement du temps de travail des parents, la qualité de vie de la cité. »

La PEEP suit de près les premiers bilans de l’opération «  contrat bleu » et réitère ses demandes auprès du ministre en ce qui concerne l’élaboration du calendrier scolaire, englobant dans ses sujets de préoccupation la reconquête du mois de juin.

 

1989, dans le cadre de la loi de décentralisation et son application concernant les compétences des collectivités locales, la PEEP se penche sur la question de la construction et la réhabilitation des établissements scolaires, importante pour la mise en place de nouveaux rythmes scolaires.

Le « contrat de ville » vient compléter le « contrat bleu ».

La PEEP soumet ses propositions sur un calendrier triennal 1990-1993, préconisant toujours un  raccourcissement des vacances d’été, un rythme de travail « 7 semaines de travail/2 semaines de repos » et un 3ème conseil de classe qui se tienne effectivement à la fin de l’année scolaire.

 

1990, la PEEP reconnaît une recherche d’un meilleur équilibre des temps de travail et de repos au nouveau calendrier scolaire, même si elle regrette que la longueur des vacances d’été reste inchangée et ne puisse permettre un allègement de la journée de travail des élèves.

Annonce à la presse par Lionel Jospin, ministre de l’Education nationale de la Jeunesse et des Sports, de mesures de réorganisation de la scolarité primaire prévoyant à partir de 1991 : la division de la scolarité en deux cycles de trois ans (grande section de maternelle, CP, CE1 et CE2, CM1, CM2) avec possibilité de parcourir le cycle en deux ou quatre ans éventuellement ; la réduction de l’horaire hebdomadaire de 27 à 26 heures pour les enfants (avec assouplissement des répartitions entre disciplines).

Ces mesures donnent satisfaction à la PEEP car plusieurs de ses propositions faites depuis longtemps ont été reprises et inscrites dans la nouvelle politique pour l’école primaire, notamment en ce qui concerne les rythmes scolaires, l’assouplissement de l’horaire hebdomadaire et l’organisation de l’enseignement par cycles.

 

1991, La PEEP proteste à l’annonce, par voie de presse, d’un remaniement du calendrier scolaire triennal qui avait été voté à l’unanimité lors d’un CSE de 1989 suite à une longue concertation, et s’impatiente : « on ne réformera pas réellement les rythmes scolaires par la seule vertu de quelques coups de pouce donnés au calendrier des vacances ».

 

1994-1995, La fédération lance une campagne en faveur de l’aménagement de la journée scolaire. Ne déclarant pas une hostilité de principe à la semaine de 4 jours, la PEEP estime qu’elle peut être appliquée selon les cas, et ne souhaite pas sa généralisation d’office. Mais, elle insiste sur le fait qu’il est urgent de repenser l’organisation de la journée qui n’est pas faite selon les recommandations des chrono biologistes.

La fédération publie un livret «  Aménagement de la journée scolaire » recueillant les avis des spécialistes, les données techniques et les données historiques. Elle émet son souhait de voir enclenché un processus de concertation entre groupe scolaire, commune et académie, de façon à adapter l’organisation au contexte local, car déjà elle insiste sur la prise en compte des disparités sociologiques et géographiques sur le terrain pour la mise en place d’une réforme.

 

1996, devant le congrès des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) à Angers, François Bayrou et Guy Drut annoncent que l’aménagement des rythmes scolaires sera mené à l’horizon de 10 ans et prévoient une étude expérimentale sur deux départements en 1997.

 

1997, programmes CATE et ARVEJ. Bilan provisoire des expériences pilote. La PEEP est satisfaite de constater qu’un pas important a été franchi ; il semble acquis pour tous qu’une réflexion sur l’organisation journée d’école française doit être menée.

2001,  annonçant sa décision d’allonger les vacances de Toussaint de 7 à 10 jours, Jack Lang, ministre de l’Education nationale, se déclare même partisan pour 2 semaines, et  souhaite rouvrir le dossier du calendrier scolaire dans le souci d’un meilleur équilibre. La PEEP est satisfaite qu’on aille dans la direction du rythme 7/2, qu’elle a  toujours défendu, mais souligne à nouveau que les vacances d’été et le rythme journalier demeurent intactes.

2003, l’installation de la semaine de 4 jours progresse dans les écoles au gré des initiatives locales (1/3 d’entre elles à la rentrée 2006), les ministres qui se succèdent ne souhaitant pas une généralisation autoritaire.

Les parents de la PEEP privilégient le dialogue social et la prise en compte des caractéristiques locales dans cette évolution du rythme hebdomadaire.
 

2007 : Annonce de l’instauration de la semaine de 4 jours

Xavier Darcos instaure la semaine de 4 jours pour la rentrée 2008. Suppression de l’école le samedi matin. La durée hebdomadaire de travail en classe passe à 24 heures.

La PEEP s’insurge contre une prise de décision arbitraire, unilatérale, qui fait tomber le couperet sur le dialogue social en cours dans les territoires.

2010
Publication du rapport “Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant” de l’Académie de médecine, selon lequel l’aménagement actuel du temps scolaire dans les écoles primaires contrarie le respect des rythmes biologiques nécessaire au bon état de santé de l’enfant et à ses capacités de mémorisation
 

2010
Installation par Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, du comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires.

2011
Remise à Luc Chatel du rapport d’orientation sur les rythmes scolaires : « Des rythmes plus équilibrés pour la réussite de tous ». Ce rapport propose la refonte de la semaine scolaire (abandon de la semaine de quatre jours au profit d’une semaine d’au moins neuf demi-journées) mais aussi de l’année scolaire avec un raccourcissement des vacances d’été (maintien du volume horaire annuel de classe sur 38 semaines au lieu de 36).

2012 :

  • Mai : Candidat aux présidentielles, François Hollande annonce son souhait de voir une réforme des rythmes scolaires de l’école dès la rentrée 2013. Vincent Peillon en parle dès sa nomination au poste de Ministre de l’Education nationale.
  • Juillet : Vincent Peillon lance une concertation autour de la réforme.
  • Août : La PEEP émet ses inquiétudes quant au financement de la mise en place des activités périscolaires induites par la réorganisation des rythmes scolaires telle qu’elle se profile.
  • Octobre : Vincent Peillon détaille ses propositions de réforme des rythmes.
  • Novembre : la PEEP demande que cette réforme soit reportée à la rentrée 2014.

Le président Hollande intervient ; il accorde le report de la réorganisation à la rentrée 2014 pour les communes qui en exprimeront le souhait et annonce un fonds d’amorçage de 250 millions d’euros accordé aux communes pour faire face aux conséquences de ce changement d’organisation du temps scolaire (activités périscolaires, transport, restauration, etc.)

Décembre : La PEEP dénonce la mise à l’écart des parents dans les discussions sur  l’aménagement du temps scolaire en primaire.

 

2013 : retour à  la semaine de 5 jours 

- Publication d’un décret, le 26 janvier 2013, précisant le cadre réglementaire national d’une nouvelle organisation du temps scolaire : 24 heures d’enseignement hebdomadaire sur neuf demi-journées, une journée de classe de maximum 5 heures 30 et une demi-journée de maximum 3 heures 30 ; une pause méridienne de 1 heure 30 au minimum. 22% des communes font le choix d’appliquer cette réforme dès la rentrée suivante, les autres choisissent d’attendre la rentrée de 2014.

La PEEP dénonce alors une réforme menée «  à marche forcée », sans réelle consultation des parents.

  • Octobre : Jean-Marc Ayrault reconduit le fonds d’aide pour les communes ayant reporté leur passage à la semaine de 4,5 jours à 2014.
  • Novembre : Devant les difficultés engendrées par la réorganisation, la PEEP demande l’abrogation du décret de janvier pour ce qui concerne les maternelles, et son assouplissement concernant les écoles primaires.